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DERRIERE L’HUMILITE, LA RESURRECTION

C’est très simple, peut-être un peu simpliste ; tant pis, je vous livre le fond de ma pensée. «La Résurrection, c’est le retour de la mort à la vie». Avant le Christianisme «Les religions à mystère et en particulier les mystères d’Eleusis, ainsi que les cérémonies funéraires égyptiennes, témoignent de la vivace espérance humaine en la Résurrection. Les rites d’initiation aux grands mystères étaient des symboles de la résurrection attendue par les initiés». L’Eglise Catholique a fait de la Résurrection du Christ un dogme, c’est-à-dire une vérité à laquelle nous croyons – signe d’appartenance à la communauté -. «Dieu est Amour. Il nous ressuscite dans l’Amour, par Amour et pour l’Amour. À la Résurrection, nous serons pour toujours auprès du Père dans la joie et la plénitude promise par les Ecritures».
Aujourd’hui il semble difficile de croire en une chose à laquelle on n’adhère pas du fond de sa conscience, même en étant un pratiquant sincère… Comment donc aborder cet  absolu de la foi ? Que représente le miracle de Lazare (pour n’en citer qu’un) sortant de son tombeau et qui n’est qu’un avant-gout  de la Résurrection ? Et surtout que représente la Résurrection glorieuse, pendant les Quarante jours d’après Pâques, où le Christ est là, bien présent mais profondément autre ? Marie-Madeleine, l’amour absolu, ne le reconnait qu’après qu’il se soit fait reconnaitre : «Rabounni», murmure-t-elle stupéfaite. Profondément autre encore quand il lui dit : «Ne me touche pas» ;  et cependant totalement incarné quand il mange avec ses disciples du pain et du poisson d’un bel appétit en une première mémoire Eucharistique. C’est d’ailleurs à ce signe que les disciples Le re-connaissent définitivement et d’individus déprimés deviennent des êtres fous d’Espérance. Profondément humain également quand il propose à Thomas de toucher son côté, de toucher la vérité de sa souffrance : mais déroutant, déconcertant quand il apparait et disparait de la pièce où quelques-uns sont assemblés (en son nom ?) sans passer par la porte, en un curieux numéro de passe-muraille qu’il n’est pas aisé d’accepter aujourd’hui. (Ni de transmettre aux demandeurs de sens). Qu’est donc la Résurrection pour nous, hommes et femmes de notre temps ? Il m’a paru important d’y réfléchir ensemble dans ce numéro des Quatre Saisons. «La Résurrection suppose une dépossession de soi-même…» a dit dans une homélie, Philippe Desgens, Aumônier des Artistes. Qu’est-ce que ça voudrait donc dire cette  "dépossession de soi-même", sinon un abandon (même partiel) de l’orgueil, de la volonté de dominer ? Qu’est-ce ça voudrait donc dire sinon un regard un peu miséricordieux, un peu d’écoute à l’Autre ? Et si la Résurrection, cette Résurrection-là en tout cas, était à notre portée, dans notre vie de tous les jours, par la simple décision de mettre l’Amour dans nos pensées et dans nos actes, même seulement un peu ? La Résurrection c’est aussi un sourire donné, un sourire reçu. Ce numéro des 4 saisons est dédié à tous ceux qui, comme moi, pensent qu’il est aujourd’hui raisonnable de croire en la Résurrection parce que c’est la seule arme efficace contre la désolation.

Michel PILORGE

P.S. Un début de réponse m’a été donné par un poème de Francis Jammes que ce vieux mécréant de Georges Brassens chante comme d’autres prient pudiquement, simplement....
Par la mère apprenant que son fils est guéri
Par l’oiseau rappelant l’oiseau tombé du nid Par l’herbe, qui a soif et recueille l’ondée
Par le baiser perdu par l’amour redonné
Et par le mendiant retrouvant sa monnaie
Je vous salue Marie.

Nathalie Roussel : «La Culture est en danger ».

Il est entendu de soutenir que la Culture est en danger.

L’indéniable précarité de nos professions et son cortège de laissés pour compte, chacun de nous peut en témoigner, nous force à l’empathie envers nos camarades en prise avec des difficultés fondamentales liées à la pratique de leur art et par voie de conséquence, à leur survie. Je ne m’exclue pas de cette catégorie et je cherchais, au-delà de mon travail à me sentir utile.
Grâce à la rencontre avec Michel Pilorgé, j’ai choisi les petits chemins de l’entraide, ceux du foyer Edwige Feuillère.

Cette association sort chaque année de l’ombre lors de la fête de l’U.CT.M au théâtre de Paris. Celle du 17 décembre 2007 fût le terrain de mon apprentissage autant que celui de mon chemin de Damas. Un défi où l’angoisse de la novice et l’énergie suscitée par l’urgence m’ont laissé un goût de “ reviens-y ”, indispensable satisfaction pour continuer à agir.

En dehors du nerf de la guerre récolté au cours de cette manifestation, je suis consternée par l’ignorance que beaucoup de professionnels expriment quant à l’existence de l’U.C.T.M et du foyer Edwige Feuillère. J’ai donc l’espoir que nous puissions nous faire connaitre par le plus grand nombre : quelle nouvelle organisation devons nous mettre en pratique pour que les publics, très attachés aux rencontres avec leurs artistes, puissent le faire lors des séances de signatures ?

Je nous rêve comme une véritable chaine d’entraide, il est donc temps de se mettre au travail.

Merci de m'accueillir parmi vous.



Nathalie_Roussel